Mon parcours pré-greffe

Avant d’en arriver à la greffe, il y a eu des étapes. Des examens, des doutes, des espoirs. Ce parcours pré-greffe a été semé d’attente, de fatigue mais aussi de rencontres et de décisions importantes. C’est ici que je vous raconte ce chemin, parfois chaotique, toujours humain.

Une semaine au CHU l’Archet : le bilan pré-transplantation

À partir du 19 janvier 2025, j’ai été hospitalisé pendant une semaine au CHU l’Archet de Nice pour réaliser le bilan pré-transplantation. Une étape importante : il fallait vérifier si mon état général permettait d’envisager une greffe du foie dans les meilleures conditions possibles.

Pourquoi ce bilan est-il nécessaire ?

Avant une transplantation, les médecins ne peuvent pas se concentrer uniquement sur le foie. La greffe est une intervention majeure qui sollicite l’ensemble de l’organisme. Il fallait donc vérifier le cœur, les poumons, les reins, rechercher d’éventuelles infections ou autres problèmes de santé, et anticiper les risques liés à l’anesthésie et à la chirurgie.

Cette semaine avait donc un objectif très clair : dresser un état des lieux complet de ma santé avant de décider de la suite.

Une équipe pluridisciplinaire

Pendant cette hospitalisation, plusieurs spécialistes sont intervenus. Chacun regardait une partie différente de mon état de santé, mais tous travaillaient avec le même objectif : évaluer ma capacité à supporter une transplantation.

Les spécialistes impliqués

  • Pr Anty — hépatologie, CHU l’Archet
  • Pr Ferrari / Dr Baudouy — cardiologie, CHU Pasteur
  • Dr Rayar — chirurgie et transplantation, CHU l’Archet
  • Dr Sanfiorenzo — pneumologie, Institut Arnault Tzanck, anciennement CHU Pasteur
  • Anesthésie
  • ORL
  • Odontologie
  • Addictologie
  • Psychologie

À cela s’ajoutait bien sûr l’équipe infirmière, présente jour et nuit pour organiser les soins, les prélèvements et les nombreux déplacements entre les différents services.

Une semaine rythmée par les examens

Le programme était dense. Les examens s’enchaînaient tout au long de la journée, avec parfois peu de temps entre deux rendez-vous. L’objectif était de ne rien laisser au hasard.

Imagerie médicale

  • Radiographie des sinus
  • Doppler
  • Échographie abdominale
  • Scanner
  • IRM

Examens digestifs

  • Gastroscopie
  • Coloscopie

Consultations et évaluations

  • Évaluation cardiologique
  • Bilan pneumologique
  • Examen dentaire
  • Consultation ORL
  • Évaluation addictologique
  • Consultation anesthésique
  • Entretien psychologique
  • Nombreux prélèvements sanguins
Ce bilan peut sembler impressionnant par le nombre d’examens, mais chacun a une fonction précise : identifier un risque éventuel avant la greffe et permettre aux équipes d’anticiper au maximum les complications.

Une organisation qui m’a marqué

Ce qui m’a particulièrement frappé pendant cette semaine, c’est la coordination entre les différents services. Malgré le nombre d’examens et de spécialistes, le planning était structuré et les équipes savaient exactement où j’en étais dans mon parcours.

Je disposais d’une chambre individuelle, dans un environnement calme qui permettait de récupérer entre les examens. Le personnel était disponible, attentif et rassurant, ce qui compte beaucoup dans une période où les questions sont nombreuses.

Suivre les résultats

Une partie des résultats devenait accessible via Mon espace santé, ce qui me permettait de suivre progressivement les examens réalisés et de conserver une trace de cette semaine particulièrement dense.

Mais l’essentiel ne se résumait pas à une succession de comptes rendus. Tous ces résultats devaient ensuite être analysés ensemble par l’équipe médicale afin de déterminer si la transplantation pouvait réellement être envisagée.

Une semaine pour répondre à une question essentielle

À la fin de cette hospitalisation, une grande partie du bilan était réalisée. Je savais désormais que la greffe n’était pas une décision prise sur un seul examen ou sur l’état du foie uniquement.

Il fallait que l’ensemble de mon organisme soit suffisamment solide pour supporter l’intervention et la période qui suivrait.

À suivre...

Le bilan pré-transplantation touchait à sa fin. Les médecins disposaient désormais des éléments nécessaires pour évaluer ma candidature à la greffe et préparer la suite de mon parcours.

Une fois cette étape franchie, il me fallait aussi comprendre quelles étaient les différentes possibilités de greffons susceptibles de m’être proposées.

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Comprendre les greffons qui pouvaient m’être proposés

Lorsque l’on entre dans un parcours de transplantation, on découvre qu’un greffon peut provenir de situations différentes. Pour moi, comprendre ces possibilités faisait aussi partie de la préparation à la greffe.

Pourquoi plusieurs types de donneurs ?

Le nombre de patients en attente d’une greffe reste supérieur au nombre de greffons disponibles. Pour augmenter les possibilités de transplantation, les équipes médicales ont développé plusieurs modalités de prélèvement, toujours dans un cadre médical et réglementaire très strict.

1. Donneur en état de mort encéphalique

Il s’agit de la situation la plus connue. Le décès neurologique est constaté selon des critères médicaux très précis, tandis que la circulation sanguine est maintenue artificiellement pendant la période nécessaire au prélèvement.

  • La circulation est maintenue jusqu’au prélèvement
  • Les organes continuent d’être oxygénés
  • Cette modalité reste une source majeure de greffons

2. Donneur après arrêt circulatoire contrôlé — Maastricht III

Le protocole Maastricht III concerne des donneurs décédés après un arrêt circulatoire survenant dans le cadre d’une limitation ou d’un arrêt des thérapeutiques. Cette activité est encadrée en France par un protocole national spécifique.

Après le décès, des techniques particulières de préservation sont utilisées afin de protéger les organes et d’évaluer leur aptitude à la transplantation.

  • Procédure strictement encadrée
  • Techniques spécifiques de préservation des organes
  • Évaluation rigoureuse de la qualité du greffon
  • Possibilité supplémentaire d’accéder à un greffon hépatique

Ce que cela signifiait pour moi

En tant que patient en attente, l’équipe médicale pouvait m’expliquer les différentes possibilités de greffons susceptibles de m’être proposées.

L’objectif restait toujours le même : recevoir un greffon compatible, de qualité suffisante et adapté à ma situation médicale.

Derrière les termes techniques — mort encéphalique, arrêt circulatoire, Maastricht III — il y avait pour moi une réalité beaucoup plus simple : chaque possibilité supplémentaire pouvait représenter une chance de recevoir un foie à temps.

Une sélection rigoureuse des greffons

Quel que soit le type de donneur, le greffon fait l’objet d’une évaluation médicale avant d’être proposé à un receveur. L’équipe tient compte notamment des caractéristiques du donneur, de l’état de l’organe et de la compatibilité avec le patient.

Dans les procédures Maastricht III, la préservation des organes fait l’objet d’un protocole spécifique et d’une surveillance étroite.

À suivre...

Après avoir compris les examens, les critères d’éligibilité et les différentes possibilités de greffons, une nouvelle étape allait commencer : l’attente réelle d’un foie compatible.

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